Faisons comme les Israéliens…Par Nadia Alyouni

Lu dans  Courrier International N° 1016, page 40,  un article d’une Palestinienne (en Autriche !), Nadia Alyouni 

Coupés du reste du monde, les Palestiniens entretiennent un rapport narcissique avec les pays étrangers. Tout ce qui pourrait venir de l’extérieur est frappé de tabou. Au lieu de s’ouvrir à l’idée d’Etat moderne tel qu’il a été développé partout, ils se bercent d’illusions et se rassurent par des mystifications. Dans une grande partie de leurs élites, l’idée de construire des institutions en vue d’un futur Etat provoque comme une crainte superstitieuse. Il est difficile de savoir si ce refus d’affronter la modernité s’explique par l’archaïsme de leur société – qui se cramponne à des structures claniques et tribales – ou par le fait qu’ils n’ont pas compris quel était le véritable but de la lutte nationale. 

L’identité d’un peuple ne se construit pas sur des vœux pieux, des slogans belliqueux ou des discours creux sur la résistance, ni sur l’acharnement verbal contre l’occupant qu’on charge de tous les maux. La sociologie moderne a au contraire montré que la cohésion d’une société reposait essentiellement sur l’Etat. La tâche d’en jeter les bases incombe aux Palestiniens. Ce n’est pas Israël qui va le faire à notre place. 

La persistance de valeurs tribales dans notre société préétatique constitue le principal danger pour l’avenir. Porteuses de divisions et de violences, elles font encore plus de ravages que l’occupation. Qui plus est, l’échec total de la deuxième Intifada [2000-2007], qui reposait sur de telles valeurs rétrogrades, a montré qu’elles ne permettent pas de parvenir à l’indépendance, contrairement à ce que certains prétendaient. Il y en a qui disent qu’il faut d’abord chasser l’occupant, mais ce discours cache surtout leur absence de vision. 

Depuis le début du xxe siècle, quand
la Palestine était encore sous mandat britannique, les sionistes se sont appliqués à jeter les bases de leur Etat dans tous les domaines – social, économique, politique, culturel, etc. Au lieu d’en rester à des slogans sur le retour en Terre promise, ils se sont saisis de la possibilité d’organiser leur autonomie accordée par la puissance mandataire aux Juifs comme aux Arabes.

Dès 1920, ils ont organisé des élections pour élire une instance administrative autonome. A partir de là, partout où il y avait une présence juive, ils ont créé un réseau d’institutions éducatives, sanitaires, religieuses et sociales. Dès les années 1920 également, ils ont fondé l’Agence juive, chargée de les représenter au niveau international, ainsi que le syndicat Histadrout afin d’améliorer la condition ouvrière. Parlons également de la renaissance culturelle juive de ces années-là, du développement de la musique, de la danse et de la littérature en hébreu, ainsi que de la création d’écoles, d’universités, de théâtres et de musées. 

Ils ont rencontré beaucoup d’obstacles sur la voie de l’édification de leur Etat, à commencer par le mandat britannique et les affrontements permanents avec les Palestiniens, qui n’ont manqué aucune occasion de les attaquer. Mais ils ne se sont pas laissé abattre et n’ont pas relâché leurs efforts. Venus de pays développés, ils savaient qu’un Etat n’est pas seulement le résultat de la lutte armée, mais aussi l’aboutissement d’un long processus d’élaboration. 

Il faut que nous cessions de nous faire des illusions sur ce que nous pesons réellement. Nous montrons des muscles qui n’impressionnent personne. Car le fait est que nous vivons à 80 % de l’aide étrangère et que nous n’avons aucun moyen de contraindre les pays donateurs à nous aider encore, surtout si nous bombons le torse et nous posons en combattants de la résistance. Cette résistance a été élevée au rang de vache sacrée. Nous faisons de la résistance pour la résistance, alors même qu’elle a prouvé son inefficacité à vaincre l’ennemi. Le recours permanent à l’excuse de l’occupation pour expliquer nos échecs inhibe les capacités des Palestiniens à améliorer le quotidien et se donner des perspectives d’avenir. » 

Remarque Collectif Arabes Pour Israël

 

Belles paroles, mais hélas ils ne sauront jamais faire comme les juifs d’une part, parce que leur cause est fausse et qu’ils ne combattent pas pour une terre qui leur appartiendrait. D’autre part, nous le savons depuis notre Père Abraham, quand il a dit à Eleézer et Ismaël «  restez ici, avec (ou comme l’âne) donc ils pourront toujours immiter  les juifs mais jamais les égaler. » 

 

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