Archive pour avril 2009

Par Basem M.Habib:Tous doivent se souvenir de l´Holocauste, qui a pris pour cible l´essence de l´humanité

Mardi 28 avril 2009

Dans un article mis en ligne le 21 avril 2009 sur le site arabe progressiste www.elaph.com, l´écrivain réformiste Basem Muhammad Habib condamne le négationnisme répandu dans le monde arabe. Ce négationnisme, qu´il qualifie de déraisonnable et d´inhumain, est motivé par un programme politique, estime-t-il, et par la croyance erronée selon laquelle l´empathie ressentie à l´égard des victimes de l´Holocauste équivaudrait à une trahison de la cause palestinienne.

Il appelle les Arabes à distinguer les deux sujets, et à se joindre au reste du monde pour la commémoration de l´Holocauste qu´il décrit comme un coup porté à l´essence même de l´humanité. Extraits : 

Il n´y a aucun rapport entre Holocauste et problème palestinien 

« Ces jours-ci, le monde commémore l´Holocauste, parce que ce fut l´un des plus grands massacres de l´histoire, dépassant les autres massacres en termes de barbarie, même ceux commis par les civilisations primitives. De nombreuses [preuves] indiquent que plus de six millions de Juifs ont été tués dans les années 1930 et 1940, accusés par les autorités nazies de complot avec les Alliés, de la défaite allemande à l´issue de
la Première guerre mondiale, de collaboration avec l´ennemi lors de la Deuxième guerre mondiale. Ces conceptions racistes ont alimenté les sentiments de haine à l´encontre des Juifs et conduit à ce massacre horrible, dont les blessures tourmentent encore le monde, des décennies plus tard.

Bien que cet événement horrible fasse désormais partie de l´histoire et ne puisse être réfuté, certains tiennent toutefois à en nier l´existence, remettant en question les nombres avancés, motivés par des considérations généralement politiques. Cela est surtout vrai dans notre région, plongée dans les complexes et la rancœur. Nombreux sont ceux qui cherchent à tracer un parallèle entre Holocauste et problème palestinien, estimant que reconnaître et commémorer l´Holocauste revient à trahir la cause palestinienne. Cette approche nous conduit à nous interroger sur la normalité des idéologies qui motivent nos comportements et sentiments – des idéologies qui ne sont clairement pas ancrées dans la saine logique et ne collent pas du tout à nos valeurs humaines. Ainsi, nous tournons sans beaucoup d´intelligence le dos au comportement humain approprié, simplement parce que nos sentiments de haine savent obtenir le meilleur de nous.

Il n´y a aucun rapport entre la réalité de l´Holocauste et ce qui est arrivé en Palestine. Ce sont deux événements distincts, survenus en des époques et des lieux différents, et nous pouvons évaluer chacun d´entre eux séparément. Alors seulement (…) notre jugement sera-t-il libre, ancré dans des valeurs justes et des sentiments sincères.

Au lieu de douter de [la réalité de l´Holocauste], nous devrions admirer l´intérêt que les dirigeants politiques juifs manifestent pour les victimes de [l´Holocauste] juif et la mémoire constamment entretenue de ces atrocités. Ils consacrent une grande partie de leurs efforts à en honorer la mémoire, à apporter des pièces à conviction aux procès, à se battre pour les droits [des survivants], où qu´ils se trouvent. C´est une attitude quasi-inexistante dans notre région, où des exécutions sont commises pour les raisons les plus triviales, où la souffrance et la douleur des personnes sont vite oubliées. En Irak par exemple, des centaines de milliers de personnes ont été tuées sous le règne de la terreur et de la tyrannie [de Saddam Hussein], et pourtant nous n´avons jamais entendu parler d´une initiative visant à commémorer [la mémoire des] victimes, ni pu témoigner du moindre intérêt pour la confiscation de leurs droits.

Le monde d´aujourd´hui est libéré des idéologies [fascistes], et le règne de la raison ne cesse de s´étendre. Même l´Allemagne, témoin de ce massacre criminel, a admis la catastrophe, entreprenant de se racheter de diverses manières, comme en fournissant un soutien économique annuel à Israël. Pour sa part, l´ONU a émis une Résolution faisant du 27 janvier la Journée de commémoration [internationale] de l´Holocauste. Cette date a été fixée en l´honneur des quelques survivants découverts à Auschwitz par les Alliés [quand ils libérèrent les camps le 27 janvier 1945], qui ont survécu à l´horreur [des camps] et ont pu raconté ce qu´ils avaient vécu.

Le négationnisme n´est généralement pas motivé par des considérations académiques, mais politiques 

En raison des doutes émis par beaucoup [quant à la réalité de l´Holocauste], certains pays ont été contraints de promulguer des lois qualifiant de crime toute tentative visant à remettre en question ou à nier l´événement, car ces remises en question ne sont généralement pas motivées par le désir de savoir mais par des objectifs politiques et idéologiques (…) Certains considèrent ces lois comme non démocratiques ou comme la manifestation d´un parti pris favorable à Israël. La vérité toutefois est qu´elles ont été promulguées en réaction à une vague de remises en question irrationnelles, encouragées par certaines parties sous couvert d´enquête scientifique.

L´Holocauste mérite d´être [reconnu comme étant] un événement mondial significatif, car il a pris pour cible [l´essence même] de notre humanité. A l´époque, il n´y avait pas d´Etat juif, et la plupart des victimes de cette injustice vivaient en Europe, dans des petites communautés de la diaspora.

Nous [Arabes] devrions avoir de l´empathie pour les victimes de l´Holocauste et les commémorer, comme le font les autres [dans le monde]. Il ne fait aucun doute que notre participation à la commémoration de cet événement renforcera notre position internationale et changera le regard que les autres posent sur nous. Peut-être serons-nous en mesure d´améliorer notre image aux yeux du monde et de réparer une partie des dégâts commis par les terroristes.

Source MEMRI | Middle East Media Research Institute 

Remarque du Collectif Arabes Pour Israël :  Les justes sont souvent invisibles !! Et méconnus. C’est pourquoi nous devons tous prier pour que se lèvent des hommes et des femmes courageux. Que l’Eternel bénisse  tous les hommes de bonne volonté, ainsi que leur famille. Dommage qu’il n’en existe pas des millions comme Basem M.Habib. On devrait le cloner celui-là.

 

La compréhension par les Musulmans de l’Histoire des Juifs par nécessairement par la reconnaissance de la Shoah. Parmi les nombreux sujets qui nous divisent, il y en a un qui doit être exclu du champ politique, idéologique et religieux. Il s’agit de la Shoah, le génocide nazi au cours duquel six millions de Juifs  ont été massacrés. 70 après le début de la Shoah, aucun livre sur l’holocauste n’a été publié en arabe, en turque ou en persan, tandis que Mien Kampf est depuis les années 70 un best seller à Beyrouth et au Caire. 

Une action internationale d’ordre juridique, diplomatique et pédagogique est impérative. Des projets comme celui d’Aladin (www.aladdinlibrary.org ) sont encourageants pour pouvoir éduquer les jeunes musulmans à respecter le peuple juif et son histoire douloureuse. 

 

Docteur Ashraf El Hagog : Merci au ministre Bulgare qui était « Juif »

Mercredi 22 avril 2009

Le discours qui suit à été prononcé par le Docteur Ashraf El Hagog, un médecin palestinien  victime de tortures de la part du la Jamahiriya Islamiya Libyenne. Son histoire (et celles des infirmières bulgares) a fait le tour du monde. Le 17 avril 2009, il était à Genève en marge de la préparation à l’ouverture de la conférence de Durban II. Lors de son allocution, il dénonce le régime du dictateur Kadhafi et salue le courage d’un « juif » l’ayant fait libérer. 

Il s’exprimait au nom de l’ONG UN WATCH devant le Comité préparatoire de Durban 2 présidé par Najat Al-Hajjaji, la diplomate libyenne qui présidait la réunion. Après avoir interrompus trois fois le médecin pour ses mots sur
la Libye, la présidente à coupé son discours une fois pour toutes et à donné la parole aux représentants Libyens qui disaient: « nous demandons l’arrêt du discours de cet homme. Ce qu’il dit n’est pas en rapport avec le sujet de la conférence ». 

Aujourd’hui, le médecin vit aux Pays Bas et n’exerce pas sa profession car il n’a plus aucun document qui prouve qu’il en est un. Le discours ci-dessous est l’intégralité de ce qu’il à dit devant les journalistes après la cession ou il à été coupé. Vous trouverez en bas de page, la vidéo en anglais de son intervention coupée par la Libye lors de la réunion préparatoire de Durban II. 

«  Nous faisons face à une tragédie humaine. La vie humaine doit être protégée. Chaque personne a le droit de vivre sa vie, d’exprimer son opinion sans crainte. Les Nations Unies devraient empêcher une présidence Libyenne. Les normes des Droits Humains en Libye se résument au néant, on ne peut rien dire la bas. Je me suis trouvé devant un comité préparatoire international avant-hier et j’ai tenté de communiquer ma souffrance actuelle et celle de ma famille, mais je n’ai pas pu, c’est pourquoi je vais vous le dire aujourd’hui. 

 

Madame la présidente, est-ce que vous vous souvenez de moi ? Je suis le médecin palestinien qui a été détenu par votre pays, la Libye. Suite à ma propre souffrance, j’aimerais vous faire une proposition. A partir de 1999, nous avons été arrêté, jeté en prison, torturé, condamné à mort à 3 reprises, cela a duré presque 10 ans et ceci sous la raison du régime dictatorial Libyen pour trouver un bouc émissaire étranger. N’est-ce pas de la discrimination? J’aimerais proposer les amendements suivants concernant les compensations : 

 

 

Les Nations Unies devraient condamner ce qu’il s’y est passé, et faire en sorte que de tels crimes soient reconnus. Les pays condamnés doivent fournir aux victimes de discrimination, des compensations. Mais même avec le bénéfice de celles-ci, comment tenir compte de la souffrance de ma famille qui a servi votre pays, la Libye. 

Comment est-ce que la Libye peut-elle présider cette conférence alors qu’il se trouve sur votre pays le pire des pires. J’accepterai cette présidence, mais une fois que votre gouvernement reconnaîtra, condamnera et s’excusera de notre souffrance pendant 10 ans. Quand est-ce que le droit prendra-t-il pied devant votre pays ? C’est une honte. 

Nous étions là au mauvais endroit, au mauvais moment. On nous a accusé de faire partie du Mossad. On nous a accusé d’avoir incriminé le Sida à des enfants, et on nous a pris pour des fous qui voulaient que le Sida ait atteint toute la population. 

Mais tout ceci était faux, le responsable du VIH en Libye est principalement les conditions sanitaires auxquelles nous avons du faire face, avec lesquelles nous avons du travaillé. On nous a torturé, avec leur « baguette magique », ma famille ne savait pas si j’étais mort ou vivant. Elle a été menacée de mort. Ma sœur a été expulsée de l’université, parce que sœur du criminel. Croyez-moi, on ne me fera pas taire. 

Merci aux Pays-Bas, merci au ministre Bulgare qui était Juif. Jamais je n’aurais cru à ce qu’un Juif ait pu faire ceci, parce que j’étais enfermé dans des idéologies anti-juives. Je le remercierai toute ma vie ». 

Pour retrouver les discours de la même trempe prononcés par des opposants aux régimes iraniens et libyens, cliquez ici (tous les discours sont en français). Le discours du médecin palestinien vient de la même source. 

Dr Shaker Al-Nabulsi : Le rejet de la normalisation avec Israël est d’une stupidité inégalée

Lundi 13 avril 2009

Dans un article daté du 26 mars 2009 et paru dans le journal en ligne  Elaph, l’écrivain américano-jordanien Dr Shaker Al-Nabulsi fustige le refus des pays arabes de normaliser leurs relations avec Israël. Il estime que l’Egypte et
la Jordanie ont plus bénéficié des traités de paix avec Israël qu’Israël lui-même, qu’Israël est aujourd’hui désillusionné et découragé par l’attitude des Etats arabes à son égard et n’est plus intéressé par la signature de traités de paix avec ces derniers. Extraits : 

« Sans l’impudent négativisme des Arabes, la résolution du problème palestinien et la création d’un Etat palestinien n’auraient pas été retardées de soixante ans » 

« Le 26 mars 1979, l’Egypte et Israël ont signé un traité de paix. C’est ainsi que l’Egypte, le pays le plus grand et le plus important impliqué dans le conflit israélo-arabe, est devenu le premier à établir des relations de paix avec Israël. Le monde entier a été pris par surprise, la rue arabe bouleversée, et les fondations du monde arabe et musulman se sont trouvées ébranlées. Ce bouleversement n’était toutefois à rien de plus que l’émoi d’un troupeau de coqs tombés dans une flaque d’eau bataillant pour s’en sortir et secouant leurs ailes pour se sécher. Les Arabes, qui ne sont pas habitués aux tournants rationnels abrupts de la civilisation, ont perdu la tête. Ils ont opposé leur résistance à la paix imminente, incarnée par la personne de leur dirigeant courageux et rationnel : le président Sadate, qui a permis à l’Egypte de récupérer tout ce qui avait été perdu avec les aventures politiques et militaires d’Abdel Nasser, lesquelles avaient causé destruction et désolation.

Bien que Sadate eût donné à l’Egypte une place bien méritée, aussi bien au Moyen-Orient que dans le monde, les Arabes ont été pris d’une rage folle qui ne connut pas de limites. Aujourd’hui, trente ans après le geste historique de Sadate, ils commencent à revenir à eux, à regretter tout ce qu’ils ont fait à l’Egypte, comme d’avoir rejeté la paix [avec Israël]. Ils sont confondus de remords en pensant à leur folie passée : avoir expulsé l’Egypte de la Ligue arabe (aussi connue sous le nom de « Café des bouffons ») et avoir déplacé les quartiers généraux de la Ligue du Caire à Tunis ; avoir boycotté les œuvres de Naguib Mahfouz et les films s’en étant inspirés ; avoir recouru à toutes sortes de bas procédés contre l’Egypte et l’avoir placé du même côté de la balance que leur pire ennemi : Israël.

Les Arabes ont rejeté la normalisation [avec Israël] parce que [s’ils l’avaient accepté], cela aurait représenté un [geste] positif, tandis que résister était un [geste] négatif. Il est beaucoup plus simple de dire « non » en arabe, [vu que] les Arabes sont un peuple négatif. Sans cet impudent négativisme, la solution au problème palestinien et la création d’un Etat palestinien n’auraient pas été retardées de soixante ans. Les Palestiniens n’obtiendront jamais rien tant que les Arabes persisteront à se montrer fanatiques et négatifs, [n’auront pas] confiance en eux, continueront d’alimenter la culture de la guerre et se montreront incapables de développer une vision juste et réaliste de l’avenir. »

« Dans le monde arabe, la culture de la paix est quasiment inexistante » 

« Pourquoi les Arabes se sont-ils comportés de cette façon en 1979 et après – comme s’ils étaient dominés par des démons ? La réponse la plus évidente à cette question est que, dans le monde arabe, la culture de la paix est quasiment inexistante, tandis que la culture de la guerre prévaut, en raison des déclarations de dirigeants politiques malhonnêtes faisant du soutien à la lutte armée une obligation. Dans leurs propres pays, ces politiciens endurent des problèmes politiques et sociaux, un développement économique [déficient]. Cela les pousse à soutenir la lutte armée, afin d’éloigner l’attention de leurs sujets des problèmes qui continuent de s’accumuler dans leurs pays (…)

En outre, le soutien apporté aux mouvements de « résistance » rend un grand service à ces régimes, en ce qu’il rehausse leur puissance et leur influence tout en leur permettant de suspendre leurs problèmes variés à un seul et même portemanteau : Israël et l’Amérique. Cela désensibilise les masses et leur inculque l’idée que l’Occident et Israël sont faibles, qu’Israël disparaîtra dans un avenir proche et qu’une personnalité politique miraculeuse rendra de façon imminente leurs territoires aux Palestiniens. Ainsi, la culture de la paix n’existe pas dans ces pays, et ne peut y être encouragée, en raison de l’absence d’éducation ou de médias libres qui insuffleraient des valeurs humanistes aux citoyens. Celles-ci sont, ainsi que l’a montré Lafif Lakhdar, la colonne vertébrale de la culture de la paix. Ces Etats n’enseignent pas plus à la jeune génération à penser indépendamment, à raisonner de façon réaliste et rationnelle, qu’ils ne leur enseignent à se libérer de l’obsession des affiliations [politiques] et des luttes religieuses. »

« Cette politique idiote de rejet de la normalisation s’est avérée très avantageuse pour Israël »


 

« La politique consistant à rejeter la normalisation avec Israël, poursuivie par les deux pays arabes ayant signé des traités de paix avec lui (l’Egypte et surtout la Jordanie) est un crime politique hideux commis contre les Palestiniens, inconsciemment il est vrai, par les Arabes. Cette politique, promue par les courants islamiste et panarabe et par les partisans du rejet et de la duperie, est d’une stupidité et d’une imbécillité sans commune mesure. Cette politique idiote de rejet de la normalisation s’est avérée très avantageuse pour Israël :

1. Israël a été capable de transmettre à l’opinion mondiale le message suivant : nous voulons la paix, mais les Arabes la refusent, alors même que leurs dirigeants l’ont acceptée.

 

 

2. Israël se présente comme un pays harcelé nécessitant la protection de l’Occident et des Etats-Unis, vu que tous les Arabes sont contre lui. Ainsi, affirme-t-il, le soutien politique, financier et militaire qui lui est accordé doit s’accroître plutôt que diminuer ou cesser.

 

 

3. L’extrême droite israélienne, sous la direction du Likoud et d’Israël Beiteinou, a prouvé au monde qu’elle avait raison, tandis que le parti travailliste et ceux qui ont signé les deux traités de paix avec les Arabes, se seraient leurrés et auraient commis une grave erreur. Cela a abouti à un nombre accru de déclarations de la part de Netanyahu affirmant que le principe de « les territoires contre la paix » n’était plus valide, et que si Israël acceptait aujourd’hui la paix, ce serait en échange de la paix plutôt que de territoires. Ce qui a poussé Netanyahu à tenir de tels propos e st l’expérience d’Israël de ces trente années passées, c’est-à-dire depuis le Traité de Camp David de 1979 : le rejet et la réticence des Arabes, qui n’ont pas encouragé Israël à signer de nouveaux traités de ce type. »

« 4. Israël, son gouvernement, son opinion, sa Knesset et ses médias, ont compris et sont maintenant convaincus qu’ [un] traité de paix avec les Arabes ne vaut rien, pas même le papier sur lequel il est signé. Prenez l’exemple de l’Egypte. Ce pays a récupéré l’intégralité du désert du Sinaï ainsi que Taba, sans perdre un centime ou un soldat. En outre, non seulement les fonds qui auraient autrement été dépensés dans l’armée et l’armement ont-ils été consacrés à plusieurs projets de développement, mais lors des trente années passées, l’Egypte a aussi reçu des Etats-Unis une aide s’élevant à des centaines de milliards [de lires égyptiennes], (près de 50 milliards de dollars). En revanche, tout ce qu’Israël a reçu en échange, c’est un appartement au Caire, qu’ils ont transformé en ambassade, et où l’ambassadeur [d’Israël] et le personnel se retrouvent prisonniers : ils ne peuvent se déplacer que sous la protection des services de renseignement [égyptiens] et des gardiens de la sécurité. Israël n’a pas le droit de participer à la vie publique égyptienne, pas même aux foires aux livres. En fait, Israël ne prend aucune part à la vie publique égyptienne, ni à la vie jordanienne d’ailleurs.

Comment peut-on s’attendre à ce qu’Israël signe de nouveaux traités de paix avec les autres pays arabes, et notamment avec la Syrie, après son expérience amère avec l’Egypte et la Jordanie ? Et pourtant, sans paix et en dépit de tout ce qui a été dit ici, ces trente dernières années, Israël a progressé au niveau politique, militaire, culturel et économique, tandis que les Arabes sont à la traîne. La [politique] arabe consistant à isoler Israël lui a donné de la force et l’ont poussé à progresser. A l’exception de certains pays arabes, le monde entier reconnaît Israël. L’armée d’Israël est de venue la plus puissante du Moyen-Orient. Son revenu annuel par tête en Israël a atteint 18 000 dollars, ce qui revient au revenu par tête de tous les pays arabes réunis, à l’exception des Etats du Golfe. Au niveau culturel et scientifique, Israël se trouve parmi les premiers (…) Trois de ses universités (l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Université de Tel-Aviv et l’Université de Haïfa) figurent parmi les 20 meilleures universités du monde, tandis qu’aucune université arabe ne figure sur la liste des 400 meilleures universités du monde (l’université du Caire arrive en 401ème position.) »

« Les succès remportés par Israël peuvent être attribués aux échecs et défaites des Arabes et des Palestiniens. » 

Tout cela, Israël l’a accompli à l’ombre de l’hostilité [des pays arabes] et de la guerre médiatique menée par les pays Arabes. Ainsi, quel intérêt Israël a-t-il à faire la paix avec les Arabes, paix illusoire et fragile, qu’il doit acquérir au prix de territoires arabes précieux et qui, je le répète, ne vaut même pas le papier qui lui sert de support ? Nous pouvons donc conclure que les succès remportés par Israël peuvent être attribués aux échecs et défaites des Arabes et des Palestiniens. Si l’adversaire d’Israël n’était pas les Palestiniens, avec leur direction lâche et stupide, mais une autre nation, un Etat indépendant aurait été établi depuis longtemps.

[Qui sont ces dirigeants palestiniens ?] Haj Amin Al-Husseini (un étudiant d’Al Azhar qui a été exclu de l’université en première année), Ahmad Al-Shuqeiri (un médiocre avocat), Yasser Arafat (un ingénieur des travaux publics travaillant pour la municipalité du Koweït) et Ismaïl Haniyeh (un imam de mosquée) tandis que du côté israélien, il y avait Herzl (docteur en droit) et la famille Rothschild (le coffre fort du monde). Notons que les Rothschild ont accordé à Harry Truman deux millions de dollars pour sa campagne électorale à condition qu’il reconnaisse l’Etat d’Israël immédiatement après son élection, ce qu’il a fait. Puis il y a eu Ben Gourion, ce dirigeant hors pair qui a mis un terme au terrorisme sioniste de droite.

Quiconque lit mon livre Settlement Train – A study in the Palestinian compromise, publié en 1986, s’apercevra que des occasions en or d’instaurer un Etat palestinien ont été manquées par la direction palestinienne et arabe.

Les dirigeants palestiniens ont parié sur la Guerre froide entre deux superpuissances, les Etats-Unis et l’Union soviétique, sans anticiper l’effondrement du bloc des pays de l’Est. Ainsi, dans les années 1990, ils sont devenus dépendants des Etats-Unis. Mais les Etats-Unis s’étaient déjà alliés à Israël au moyen de plusieurs traités stratégiques [à partir de 1967], en faisant à leurs yeux le 51ème Etat des Etats-Unis.  

 

En somme, comme nous l’avons montré, ce sont les Arabes qui ont bénéficié de la paix partielle entre Israël et la Jordanie, tandis qu’Israël était perdant. C’est pourquoi Israël ne signera pas de nouveau traité de paix avec les Arabes dans un proche avenir – et s’il en signe un, ce sera avec la plus grande prudence et en posant des conditions. Que la paix soit sur vous tous ! »

Dr Shaker Al-Nabulsi  

Source : www.elaph.com, le 26 mars 2009

Remarque du Collectif :   De temps à autre une voix s’élève pour dire la vérité. Tous nos remerciements à l’écrivain progressiste arabe Dr Shaker Al-Nabulsi. On lui félicité  pour cette remarquable  lucidité.

Les leaders palestiniens ont systématiquement rejeté toute offre de partage et ont toujours usé de la violence dès qu’une initiative politique semblait proche d’aboutir. En 2000, l’Intifada a commencé lorsqu’une proposition américano –israélienne de créer un Etat a été faite à Yasser Arafat, qui a trouvé opportun de lancer un soulèvement armé. La raison en est simple : « le rejet de l’existence d’Israël est indissociable de la vision d’avenir palestinienne » de l’ancien chef  terroriste de l’OLP. Un Etat à côté d’Israël n’est pas ce que les Palestiniens attendent, en revanche un Etat à la place d’Israël leur semblerait une solution idéale. Il suffit de lire les journaux palestiniens, d’écouter les proches dans les mosquées, de consulter les manuels scolaires, d’écouter les médias, de regarder les séries télévisées ainsi que les dessins animés du monde arabe… 

La vérité est que les palestiniens voudraient être  toujours « la cause célèbre » de la communauté Internationale qui les soutient et leur pardonne leurs actions et leur violence. 

Les Juifs n’ont pris la terre de personne ; Par Joseph Farah

Jeudi 9 avril 2009

Voici un témoignage d’une rare lucidité de  Joseph Farah, journaliste arabe  américain, publié en anglais sur le site  www.worldnetdaily.com 

Nous savons déjà  que Volney, Alexander Keith, J.S. Buckingham, Alphonse de Lamartine, Mark Twain et Arthur Stanley s’accordent tous sur le fait que la ‘Palestine’ était  » un désert parsemé de rares bourgades ».

Gustave Flaubert nous rapportait même que « Jérusalem est un charnier entouré de murailles. Tout y pourrit, les chiens morts dans les rues, les religions dans les églises. Il y a quantité de merdes et de ruines. Le juif polonais avec son bonnet de renard glisse en silence le long des murs délabrés, à l’ombre desquels le soldat turc engourdi roule, tout en fumant, son chapelet musulman…« 

En tant que critique arabe américain le plus en vue, en ce qui concerne Yasser Arafat et les objectifs-bidon « palestiniens », je reçois beaucoup de courrier haineux et plus que ma part de menaces de mort. La plupart de ces attaques – au moins celles qui se donnent la peine d’aller au-delà des insultes et de l’obscénité – disent seulement que je ne comprends pas ces pauvres Arabes qui ont été déplacés, chassés de leurs maisons et transformés en réfugiés par les Israéliens, ni n’ai de compassion pour eux.

« Permettez-moi d’affirmer clairement et simplement ceci: les Juifs en Israël n’ont pris la terre de personne. 

Quand Mark Twain visita la Terre Sainte au XIXe siècle, il fut très déçu. Il ne vit pratiquement personne. Il la décrivit comme une vaste terre de désolation. Le pays que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’Israël était pratiquement désert (1)

Au début du XXe siècle cela commença à changer. Des Juifs venus du monde entier se mirent à revenir dans leur patrie ancestrale,
la Terre Promise que Moïse et Josué avaient conquise, des millénaires auparavant, ainsi que le croient Chrétiens et Juifs, sous les ordres directs de Dieu. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas toujours eu une forte présence juive sur cette terre, en particulier dans et autour de Jérusalem. En 1854, selon le compte-rendu publié dans le New York Tribune, les Juifs représentaient les deux tiers de la population de cette ville sainte. Quelle est la source de cette statistique ? Un journaliste, envoyé spécial au Moyen-Orient pour le Tribune. Il s’appelait Karl Marx, oui ce Karl Marx là.

Un guide de la Palestine et de la Syrie, publié en 1906 par Karl Baedeker, illustre ce fait : alors même que l’Empire Ottoman musulman régnait sur la région, la population musulmane de Jérusalem était minime. Ce livre estime la population totale de la ville à 60.000 habitants, dont 7.000 Musulmans, 13.000 Chrétiens et 40.000 Juifs. « Le nombre de Juifs s’est considérablement accru durant les dernières décennies, malgré l’interdiction d’immigrer ou de posséder des terres qui leur est faite », déclare ce livre. Bien que les Juifs y soient persécutés, ils venaient quand même à Jérusalem et y représentaient la vaste majorité de la population, déjà en 1906. Et bien que les Musulmans proclament aujourd’hui Jérusalem comme la troisième ville sainte de l’Islam, quand la ville était sous régime musulman, ils ne lui manifestaient que très peu d’intérêt.

Lorsque les Juifs vinrent, drainant les marécages et faisant fleurir les déserts, un phénomène intéressant se produisit. Les Arabes suivirent. Je ne les en blâme point. Ils avaient de bonnes raisons de venir. Ils y trouvaient des emplois. Ils venaient pour la prospérité. Ils venaient pour la liberté. Et ils vinrent nombreux.

Winston Churchill observa en 1939: « Ainsi, loin d’y être persécutés, les Arabes sont arrivés en masse dans ce pays, s’y sont multipliés jusqu’à ce que leur population augmente même plus que les communautés juives de par le monde n’avaient pu mobiliser de Juifs. »

Puis arriva 1948 et la grande partition. Les Nations Unies proposèrent la création de deux Etats dans la région, l’un juif, l’autre arabe. Les Juifs l’acceptèrent avec gratitude. Les Arabes la rejetèrent férocement et déclarèrent la guerre.

Les leaders arabes demandèrent aux Arabes de quitter la zone pour ne pas être pris dans les échanges de tirs. Ils pourraient revenir dans leurs maisons, leur dit-on, après qu’Israël soit écrasé et les Juifs détruits. Le résultat ne fut pas celui qu’ils escomptaient. Selon les estimations les plus courantes, plusieurs centaines de milliers d’Arabes furent déplacés du fait de cette guerre, mais non par une agression israélienne, non par un accaparement des propriétés foncières par les Juifs, non par un expansionnisme israélien. En réalité, il existe de nombreux documents historiques montrant que les Juifs ont instamment demandé aux Arabes de rester et de vivre avec eux en paix. Mais, tragiquement, ces derniers choisirent de partir.

54 ans plus tard, les enfants et petits-enfants de ces réfugiés vivent encore beaucoup trop souvent dans des camps de réfugiés, et ce non du fait de l’intransigeance israélienne, mais parce qu’ils ont été abusivement utilisés comme outil politique par les puissances arabes. Ces pauvres malheureux auraient pu être installés en une semaine par les riches Etats arabes pétroliers, qui contrôlent 99,9% de la totalité des territoires du Moyen-Orient, mais ils sont gardés comme de véritables prisonniers, remplis de haine envers la mauvaise cible, les Juifs, et utilisés comme armes en tant que martyrs-suicide par les détenteurs arabes du pouvoir.

Telle est la véritable histoire moderne du conflit arabo-israélien. Jamais les Juifs n’ont arraché les familles arabes de leurs foyers. Quand la terre avait un détenteur, ils en achetaient les titres de propriété largement excessifs, pour pouvoir avoir un lieu où vivre à l’abri des persécutions qu’ils avaient subies partout dans le monde.

Dire que les Israéliens ont déplacé qui que ce soit est un énorme et flagrant mensonge dans d’une longue série de mensonges et de mythes qui ont amené le monde au point où il est prêt à commettre, encore une fois, une autre grande injustice envers les Juifs. »

Joseph Farah

(1) « La terre d’Israël (baptisée ‘Palestina’ par l’Empire romain et rebaptisée ‘Palestine’ par ses descendants anglo-saxons) était quasiment vide et désolée avant les grands mouvements migratoires de la fin du XIXe siècle, comme en témoignèrent tous les archéologues et écrivains qui la visitèrent à l’époque. Thomas Shaw, Constantin espondance (http://expositions.bnf.fr/veo/cabinet/citation.htm)

Remarque du Collectif  Arabes Pour Israël : 

Enfin des personnes qui sont prêts à dire une vérité que d’autres non pas envie d’entendre de peur de représailles mais qui n’en pensent pas moins! Heureusement qu’il y a des hommes et des femmes qui défient l’ordre établit de ses gangs poussiéreux et primitifs qui justifient  l’obscurantisme par la culpabilisation. Il est tant que cela change!! Cela fait plus de 2000 ans que ça existe.