Archive pour mars 2009

Dalil Boubakeur : Lorsque juifs et arabes s’unissent, ils font un travail merveilleux

Dimanche 29 mars 2009

Voici de larges extraits d’une interview du Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, réalisé par le journal SVP Israël, que nous recommandons très chaleureusement à nos lecteurs.

Vous étiez présent à la Synagogue de la Victoire, lors de l’intronisation récente de Gilles Bernheim, nouveau Grand Rabbin de France. Que ressentez-vous lorsque vous assistez à un tel évènement intéressant la communauté juive ? 

J’ai éprouvé du bonheur, car j’étais entouré d’amis très chers dont Gilles Bernheim que j’admire pour sa grandeur d’esprit, sa sensibilité et sa vision d’avenir. Je suis également très admiratif par la formidable énergie déployée par Joël Mergui, le Président du Consistoire Central, J’ai toujours aimé cette grande sensibilité qui est la qualité première des juifs. Une sensibilité souvent empreinte de souffrance et même d’inquiétude qui m’émeuvent. J’espère ainsi apporter par ma présence, cette fraternité réconfortante et nécessaire, car j’ai toujours pensé que nous sommes faits pour nous entendre et partager les mêmes valeurs.

Personnellement et par rapport à votre fonction, quels liens entretenez-vous avec la communauté juive de France ? 

J’ai toujours tenu à préserver ma liberté de dire les choses telles que je les pense, les ressens et les vois. J’ai ainsi éprouvé, envers ma chère communauté juive, une affection extraordinaire que je souhaite communiquer aux autres. C’est une expérience exceptionnelle que j’ai vécue tant au niveau de la compréhension et des échanges qu’au contact de l’Intelligence. Ce qui m’a d’ailleurs valu pas mal d’hostilité de la part de mes propres amis, notamment lorsque je reçus l’ancien ambassadeur d’Israël en France, pour évoquer le rôle éminent de la Mosquée de Paris pour sauver de nombreux juifs durant la seconde guerre mondiale.

J’ai toujours admiré et rencontré de très nombreuses personnalités juives et israéliennes de très haut niveau, car leurs vies furent un exemple. Plus généralement, je suis convaincu que l’amitié judéo-musulmane en France peut être un exemple pour le monde entier et même pour nos frères du Moyen-Orient. C’est après tout notre sagesse sémitique commune qui a laissé émerger l’idée de D. pour le monde entier. Qu’attendons-nous pour faire ressurgir cette spécificité et cet héritage ?

(…)

Pour se limiter au contexte français, il faut regretter le manque de passerelles entre les deux communautés… Comment concevoir ce dialogue, cette connaissance de l’autre et les actions à mener en commun qui restent à construire ? 

J’ai toujours déploré la pauvreté du dialogue judéo-musulmane en France, qui est la conséquence directe du conflit au Proche Orient. Ceci est d’autant plus regrettable que lorsque Juifs et Arabes s’unissent, ils font un travail merveilleux.

Concernant les derniers évènements à Gaza, je crois personnellement que lorsque des organisations comme le Hamas bombardent pendant des années le territoire d’Israël, elles suscitent forcément des réactions d’Israël et exposent les populations palestiniennes à des représailles. Ce qui est irresponsable et très dangereux.

Pour répondre à votre question portant sur les actions à mener ensemble, il suffit de reprendre nos sources pour voir à quel point le Coran est apparu comme un jalon et dans le droit fil du message biblique d’Abraham ou de Moïse. C’est pourquoi, je souhaiterais aller très loin dans notre identité commune judéo-arabe. D’ailleurs, dans le Coran, il est écrit que le peuple juif est le peuple que D. a choisi.

(…)

Quelle image avez-vous d’Israël ? 

J’ai souvent été invité en Israël et j’ai promis d’y aller. J’estime pourtant – étant donné ma fonction – que je dois auparavant convaincre ma communauté de l’intérêt de ce voyage. Concernant Israël, je le vois et l’admire comme un pays en pleine expansion et qui a d’énormes possibilités grâce à l’intelligence de sa population, surtout quand on voit comment le pays a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins… Israël est l’expression même de l’homme livré à la nature. D’où l’importance à mes yeux, de la connaissance et de l’intelligence humaine.

Source : svp-israel.com 

Remarque du Collectif : 

ENFIN quelqu’un imam qui accepte « l’autre » et qui veux travailler avec lui et dont l’esprit est en PAIX. Merci pour cet article dans lequel chacun se retrouve, devant la sensibilité et la bonne volonté de nos amis juifs, et la communion possible avec eux. 

Quel bonheur de lire un musulman parler ainsi d’Israël et de ses relations avec les Juifs de France. Même si, en même temps, il passe sous silence des comportements répréhensibles du Hamas envers les israéliens. Merci monsieur Boubakeur. 

Khaled Abu Toameh : un journaliste arabe qui dénonce l’ambiance pro-palestinienne des campus américains

Samedi 28 mars 2009

L’auteur est un journaliste arabe israélien de haut niveau, attaché au « Jérusalem Post». Il ne fait pas mystère de son appréciation de la démocratie israélienne  ce qui lui vaut souvent d’être perçu comme un traître, par les Palestiniens irrédentistes. A propos de son texte publié sur le  site Hudson New York, on lira, avec intérêt,  que  dans son article dont nous indiquons le lien, ci-après (1),  que Khaled Abu Toameh dénonce   le  véritable ordre du jour pro palestinien sur certains campus américains. 

 

 

 

A l’occasion de quelques récentes visites de campus universitaires des Etats-Unis, j’ai découvert qu’on y trouve davantage de sympathie pour le Hamas qu’à Ramallah.

 

En écoutant certains étudiants et professeurs sur ces campus, j’ai eu un moment l’impression que j’étais face à des porte-parole du Hamas ou à des candidats à l’attentat suicide.

 

On m’a dit, par exemple,

 

·  Qu’Israël n’a pas le droit d’exister ;

 

·  Que le « régime d’apartheid » d’Israël est pire que celui qui a sévi en Afrique du Sud ;

 

· Et que l’Opération « Plomb Fondu » a été lancée parce que le Hamas commençait à montrer des signes d’intérêt pour l’instauration de la paix, et non [comme le prétend Israël] à cause des missiles que le mouvement islamique lançait sur les communautés israéliennes.

 

 

On m’a dit également que le haut dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti, qui purge cinq peines de prison à vie pour avoir conçu et organisé des attentas terroristes contre des civils israéliens, a été mis derrière les barreaux uniquement parce qu’il s’efforçait de promouvoir la paix entre les Israéliens et les Palestiniens.

 

De plus, on m’a dit que tout ce que l’on raconte sur la corruption financière de l’Autorité Palestinienne est de la « propagande sioniste », et que Yasser Arafat a fait des choses magnifiques pour son peuple, dont la création d’écoles, d’hôpitaux et d’universités.

 

La bonne nouvelle, c’est que ces remarques n’étaient le fait que d’une minorité de gens sur les campus, qui se définissaient eux-mêmes comme « pro Palestiniens », quoique l’écrasante majorité d’entre eux n’étaient ni Palestiniens, ni même Arabes, ou musulmans.

 

La mauvaise nouvelle, c’est que ces groupes d’activistes/voyous intransigeants tentent d’intimider quiconque ose dire des choses qu’ils n’aiment pas entendre.

 

Les lobbyistes « pro Palestiniens » autoproclamés étant incapables de contester les faits présentés par un orateur, ils recourent au harcèlement verbal.

 

Par exemple, j’ai été traité d’ »idiot » sur un campus pour avoir dit qu’une majorité de Palestiniens avaient voté pour le Hamas aux élections de janvier 2006, parce qu’ils en avaient soupé de la corruption financière de l’Autorité Palestinienne.

 

Sur un autre campus, j’ai été baptisé de « porte-parole des sionistes » pour avoir dit qu’Israël a une presse libre. Et dans un autre, quelqu’un m’a dit que j’étais un « menteur » parce que j’avais affirmé que Barghouti avait été condamné à cinq peines de prison à vie en raison de son rôle dans le terrorisme.

 

Et puis, il y a eu le campus (de Chicago), où j’ai été accueilli avec des croix gammées peintes sur des posters qui annonçaient ma conférence. Bien entendu, ceux qui avaient fait cela se sont bien gardés d’assister à ma causerie, incapables qu’ils étaient de  contredire quelqu’un [comme moi] qui travaille cette question depuis près de 30 ans.

 

Ce qui m’a le plus frappé est le fait que beaucoup de ceux que j’ai rencontrés sur le campus soutenaient le Hamas et croyaient en son droit de « résistance à l’occupation », même si cela impliquait de déchiqueter des enfants et des femmes dans un bus au centre de Jérusalem.

 

Je n’avais jamais imaginé que j’aurais besoin de protection policière pour parler dans une université américaine. Je suis allé sur de nombreux campus palestiniens, en Cisjordanie et dans
la Bande de Gaza, et je ne me souviens pas d’un seul cas d’intimidation ou de harcèlement verbal à mon encontre.

 

Ironie de l’affaire, les nombreux Arabes et musulmans que j’ai rencontrés sur les campus faisaient preuve de beaucoup plus de compréhension de mes « analyses impartiales », auxquelles ils faisaient même bon accueil. Après tout, les vues que j’exprimais n’étaient pas très différentes de celles des dirigeants tant d’Israël que de l’Autorité Palestinienne. Ces vues incluent le soutien à une solution à deux Etats et l’idée de coexistence entre Juifs et Arabes dans cette partie du monde.

 

Ce qu’on appelle la « junte » pro-palestinienne sur les campus, n’a rien d’autre à offrir que la haine et le dénigrement de la légitimité d’Israël. Si ces gens se souciaient vraiment des Palestiniens, ils feraient campagne pour une bonne gouvernance et pour la promotion des valeurs de la démocratie et de la liberté en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

 

Leur haine d’Israël et de ce qu’il défend les a aveuglés au point qu’ils ne se préoccupent plus des véritables intérêts des Palestiniens, à savoir : la nécessité de mettre fin à l’anarchie et à l’illégalité, et de démanteler toutes les bandes armées qui sont responsables de la mort de centaines de Palestiniens innocents, au cours des quelques années écoulées.

 

La majeure partie de ces militants admettent ouvertement qu’ils n’ont jamais visité Israël ni les territoires palestiniens. Ils ne savent pas – et ne veulent pas savoir – qu’ici, Juifs et Arabes commercent, étudient ensemble, et se rencontrent chaque jour, parce qu’ils sont destinés à vivre ensemble dans cette partie du monde. [Ces gens] ne veulent pas entendre dire que, malgré tous les problèmes, la vie continue et que des parents arabes et juifs ordinaires qui se lèvent le matin, veulent seulement envoyer leurs enfants à l’école et aller au travail, puis revenir chez eux en toute sécurité et pacifiquement.

 

Ce qui se passe sur les campus américains n’a pas pour but de soutenir les Palestiniens, mais bien plutôt de susciter la haine envers l’Etat juif. Il ne s’agit pas du tout de mettre fin à l’ »occupation », mais bien plutôt de mettre fin à l’existence d’Israël.

 

De nombreux dirigeants de l’Autorité Palestinienne et du Hamas, avec lesquels je me suis entretenu dans le cadre de mon travail de journaliste, donnent l’impression d’être beaucoup plus pragmatiques que la plupart des anti-Israéliens et pro Palestiniens des campus [américains].

 

Au long des 15 années écoulées, on a beaucoup écrit et dit à propos du fait que les manuels scolaires palestiniens ne promeuvent ni la paix ni la coexistence, et que les médias palestiniens publient souvent du matériau hostile à Israël.

 

Bien que cela soit vrai, il ne faut pas ignorer le fait que les campagnes anti-Israël, qui ont lieu dans les campus américains, ne sont pas moins dangereuses. Ce qui s’y passe n’entre pas dans le cadre de la liberté d’expression. Il s’agit plutôt de la liberté de semer la haine et la violence. Aussi, nous ne devrons pas être surpris que la prochaine génération de djihadistes soit issue non de la bande de Gaza, ou des montagnes et des mosquées du Pakistan et de l’Afghanistan, mais des campus universitaires de tous les Etats-Unis.

 

 

Khaled Abu Toameh 

 

 

(1) Source: Hudson New York Website (24 mars 2009) 

 

 

Remarque du Collectif: 

 

 

Nous tenons à remercier Khaled Abu Toameh pour son  témoignage qui vient des Etats-Unis. Il est certain que les milieux universitaires, en Occident,  sont devenus des champs libres pour la propagande terroriste pro-palestinienne. C’est le signe de l’approche d’une catastrophe qui, progressivement, s’organise dans le monde, un témoignage alarmant du laisser faire des pays s’y soumettant.

 

  

Nous évoquons  ici  l’odieuse invitation réservée, en 2007,  par l’université américaine de Columbia à Mahmoud Ahmadinejad. Mais aussi l’initiative de l’Université d’Oxford  qui a organisé un débat autour de la question «Israël a-t-il le droit d’exister ?» .Deux universitaires détracteurs d’Israël  débattaient, dont le très contesté Norman Finkelstein professeur à Chicago, et antisémite notoire (auteur de «Shoah Business»).

 

 

Enfin,  nous rappelons ici l’incident récent qu’a vécu  monsieur Shimon Pères, qui  était en Grande-Bretagne le 18 novembre 2008. Lors de son discours devant un millier d’étudiants à  l’université d’Oxford, le président israélien s’est fait interrompre par des activistes pro palestiniens qui l’ont traité de « criminel de guerre ». 

 

 

Magdi Allam : Pour que vive Israël « Viva Israele « 

Vendredi 27 mars 2009

Nous venons  de découvrir, avec retard, le Livre de Magdi Allam, Pour que vive Israël, paru en octobre 2008 aux éditions du Rocher. Sous-titré « De l’idéologie de la mort à la civilisation : mon histoire« , ce livre raconte le parcours hors du commun de l’auteur, né au Caire en 1952, puis installé en Italie où il est devenu journaliste au Corriere della Sera.

Né musulman, Magdi Allam a fait  la Une de l’actualité internationale en mars 2008, lorsqu’il s’est converti et a été baptisé par le pape Benoît XVI à Rome. Si vous n’avez pas entendu parler de ce livre, rien d’étonnant : en Italie, où il a été publié sous le titre « Viva Israele » (chez Mondadori), Magdi Allam est un personnage connu, qui doit se protéger en raison des menaces de mort des islamistes. En France, les islamistes n’ont même pas besoin de proférer de menaces : aucun grand média n’a parlé du livre (à ma connaissance). Preuve supplémentaire, si besoin était, que  la France est bien plus avancée dans le processus d’islamisation des esprits que la fière Italie, où on pouvait encore récemment voir plusieurs dizaines de députés défiler sous les drapeaux israéliens (à Paris, ceux du Hamas sont devenus un spectacle qui n’étonne même plus). Conclusion : courez acheter le livre de Magdi Allam! Et merci aux éditions du Rocher qui l’ont publié. 

Parcours atypique, contradictoire et conflictuel, en contrepoint des événements au Moyen-Orient : Islam traditionnel, influence chrétienne occidentale, sympathies pour la cause palestinienne, militantisme de gauche, découverte de la cause juive, défense d’Israël.

Magdi Allam mène un effort de clarification, de compréhension, de conciliation grâce à son talent d’écrivain et de journaliste. Mais il suscite aussi des réactions de méfiance et d’hostilité de la part des parties intéressées.


Thèmes du livre : Description d’une évolution personnelle sur fond de transformation des courants arabes, qui passent d’une idéologie panarabe travaillant à l’avènement d’une Nation arabe à celle d’un panislamisme engagé dans un terrorisme mondial.

En un demi-siècle d’histoire du Moyen-Orient, Magdi Allam analyse le passage De l’idéologie de la mort dans l’Egypte de Nasser, exaltant le sacrifice des troupes engagées contre l’armée d’Israël, à l’idéologie de la mort des extrémistes. Ce qui élargit le conflit local en lui conférant une dimension planétaire d’idéologie de la mort du fait des terroristes islamistes.

Dans une première partie, Magdi Allam décrit son enfance et son adolescence de Musulman issu d’un milieu modeste, enraciné dans la tradition de la famille étendue à l’échelle du quartier, dans le respect mutuel et une solidarité de tous les jours. Une tante l’élève, alors que sa mère devient gouvernante d’une princesse saoudienne victime de la poliomyélite. Sa mère confie l’éducation du jeune Magdi à des institutions catholiques italiennes.

Grâce à sa tante, employée à l’ambassade d’Autriche au Caire, Magdi passe des vacances avec la famille du diplomate. A 15 ans, il tombe amoureux de la fille de l’ambassadeur, ce qui lui vaut la suspicion de la part des Services Secrets égyptiens, parce que la famille autrichienne est juive. Premiers contacts personnels avec le judaïsme. Étudiant à Rome, à la fin des années 70 et 80, il milite dans les milieux italiens de gauche et s’engage en particulier pour la cause palestinienne.

Dans la seconde partie du livre, Magdi Allam, devenu journaliste après avoir obtenu un diplôme de sociologie, éprouve une forte déception à l’égard d’Arafat, dont les rodomontades sont contredites par la réalité de l’OLP. Il se rend compte d’avoir été manipulé et prend conscience de sa profonde ignorance de la cause juive.

Foi de l’adulte qui défend le droit à l’existence d’Israël. Exaltation du respect de la vie et des droits du prochain. Condamnation du terrorisme mondial. Expérience douloureuse de la méfiance et de l’hostilité qu’il suscite. L’introduction et la conclusion sont un credo en même temps qu’une célébration : transformation des idéologies de la mort et du martyre, grâce à la prise de conscience que le droit à l’existence d’Israël est l’épitomé du respect de la vie de chacun. 

 

Nous pouvons dire à Magdi Allam Bravo pour cette lucidité, pas très courante de nos jours. Voilà un homme remarquable qui a choisi de quitter les ténèbres de l’obscurantisme islamique  en abandonnant cette idéologie totalitaire. On ne peut qu’encourager les musulmans à en faire autant le plus vite possible. La République islamique de France n’a pas parlé de ce livre par désapprobation d’une telle initiative, saluant les conversions VERS l’islam, pas l’inverse !

Le Hamas doit amender sa charte : Par Dr Khaled Al-Hroub

Lundi 9 mars 2009

Le quotidien londonien Al-Hayat a publié le 22 février 2009 un article du journaliste et universitaire…. Dr Khaled Al-Hroub, directeur du Projet sur les médias arabes de l´université de Cambridge, où il appelle le Hamas à amender sa charte. Il estime en effet que cette charte, hostile aux Juifs, porte préjudice à l´image du Hamas et à la cause palestinienne. Extraits :

« La charte du Hamas doit être amendée car elle porte préjudice aux Palestiniens et au Hamas. Nous ne devons ni l´accepter, ni continuer de nous taire à son sujet. La charte du Hamas n´est pas un texte sacré, et les dirigeants, membres et partisans du Hamas ne devraient pas se monter aussi frileux face à un éventuel amendement.

 

 

A l´époque où le Hamas était une organisation de petite ampleur, il pouvait se permettre d´agir d´une façon qui ne sied plus à son statut actuel. D´un point de vue palestinien, et d´un point de vue international, il est inacceptable qu´un mouvement politique palestinien qui s´efforce de jouer le rôle important, se posant comme le rival [de l´OLP], continue d´endosser un document impossible et indéfendable, comme cette charte (…)

 

Le Hamas peut et doit (…) soit l´amender jusqu´à la moelle, soit en retirer les sections qui déclarent la guerre aux Juifs en raison de leur confession différente. Nous n´imaginons pas que la modification de la charte transformerait immédiatement et profondément l´attitude mondiale du monde vis-à-vis du Hamas et des Palestiniens. Toutefois, il prouverait que notre conscience nous oblige à effectuer cette modification car nous pensons que le combat des Palestiniens doit s´enraciner dans des principes profondément humanistes.

 

 

Pourquoi devons-nous amender la charte du Hamas ? Comment devrions-nous l´amender et en quoi le Hamas et les Palestiniens ont-ils intérêt à le faire ? »

                                                                            

« La charte doit être amendée parce qu´elle se focalise sur les Juifs en tant que membres d´une confession différente, et exprime de l´hostilité à leur égard pour cette raison, non en raison de leur statut d´agresseurs. La charte endosse en outre tous les arguments antisémites européens, les important et répandant [la notion de] complot juif mondial.

 

 

Elle affirme que les Juifs ont accumulé d´énormes ressources financières utilisées pour réaliser leur rêve. Au moyen de leur argent, ils se sont emparés du contrôle des médias internationaux et ont initié des révolutions dans le monde par profit et dans leur propre intérêt. Ils se trouvent derrière la Révolution française, la révolution communiste et la plupart des révolutions dont nous avons entendu parler.

 

 

« . Il est vraiment effrayant qu´un tel texte puisse demeurer partie intégrante de la charte d´une organisation palestinienne (…) » La charte choisit comme  référence le  Protocole des Sages de Sion. Ce document stupide est l´oeuvre d´antisémites européens cherchant à justifier leurs crimes contre les Juifs d´Europe, diffusé de part et d´autre du monde arabe. Le Hamas s´est placé dans une mauvaise posture en l´intégrant [à sa charte] pour soutenir [sa position].

 

 

Ces passages de la charte obligent le Hamas à répondre au monde (…)  Cette charte été traduite  en toutes les langues possibles et imaginables – même en chinois – afin de dénoncer l´antisémitisme du Hamas et des Palestiniens et de prouver que leur objectif est d´exterminer les Juifs (…) »

 

 

« Les dirigeants du Hamas qui se trouvent en contact avec le monde extérieur savent bien que leur mouvement paie le prix fort de l´adhésion à cette charte (…) Ils savent qu´elle a été publié hâtivement en août 1988, sans qu´il y ait eu de véritable débat à son sujet. Elle ne reflète pas les positions d´alors du Hamas, et encore moins celles d´aujourd´hui. (…) Si [toutefois] la charte exprimait bien l´essence [des croyances] du Hamas, ses dirigeants doivent le déclarer ouvertement, afin que toute décision d´appuyer ou non le Hamas – de négocier avec ou de le boycotter – soit prise [en connaissance de cause] sur la base du rapport [des dirigeants] à la charte.

 

 

Et pourtant, face à sa charte, il semblerait que le Hamas évite délibérément [le sujet] ou se mette la tête dans le sable, espérant qu´elle tombe dans l´oubli avec le temps. Mais c´est en fait le contraire qui arrivera : plus le Hamas gagne en influence, plus on se focalise sur sa charte, s´en servant pour soutenir que le Hamas n´est pas capable de traiter de politique (…) »

                                                                                       

« Ceux qui s´opposent à l´amendement naturel de la charte trouvent des excuses. Ils s´inquiètent que l´on n´accuse le Hamas d´altérer son idéologie, de faire des concessions, d´imiter l´OLP. En politique, de tels arguments sont dépourvus de sens. En effet, le changement en tant que tel n´est pas une mauvaise chose : il faut savoir réagir à l´évolution des situations, et ce qui compte, c´est la nature du changement. Il est urgent de supprimer de la charte toutes les expressions racistes qui offensent les croyances religieuses des Juifs ou qui fleurent l´antisémitisme européen (…)

 

 

Un autre argument possible est que l´amendement de la charte ne peut avoir lieu que dans le cadre d´un accord plus général et devrait être présenté comme une concession, non comme une mesure délibérée prise sans rien obtenir en échange. Un tel argument entrave la pureté des droits palestiniens sans aider [leur cause]. Il implique que les passages fleurant le racisme et la discrimination religieuse pourraient être ôtés non par principe, mais uniquement en réaction aux pressions extérieures, pour faire une concession pragmatique qui ne reflète aucune conviction profonde, un compromis provisoire. »

 

« L´amendement de la charte peut servir le Hamas en se révélant une stratégie agressive : il pourra mettre un terme aux arguments sans nombre dont on s´est servi ces dernières années pour assiéger le mouvement. Il se pourrait que ce soit le moment idéal pour initier un changement de la charte.

 

 

 

L´un des arguments majeurs de la droite israélienne et de ses partisans dans le monde st que l´objectif du Hamas comme des Palestiniens est de perpétrer une nouvelle extermination des Juifs, cette fois en Palestine, à l´instar des nazis racistes en Europe (…) .La charte du Hamas contient tous les arguments [contre le Hamas]. C´est un cadeau [pour ses ennemis], car il est toujours possible de la citer pour fonder [ses accusations contre le Hamas]. »

 

 

Al-Hayat (Londres), 22 février 2009 

 

Remarque du Collectif :

  

 

Dr Khaled Al-Hroub, nous pensons réellement qu’il faudra plus qu’un simple  amendement de la Charte du Hamas. Il faudra  transformer ces esprits malades, à la merci de la haine de l’autre. Il faudra réapprendre à refaire la guerre contre l’islamisme, il faudra  partir en croisade contre les doctrines meurtrières, instituer un nouveau modèle de société  fondée sur  le respect des valeurs humaines. 

  

Il faudra aussi  que les arabes  « maîtrisent »  leurs  imams délirants qui prêchent la haine dans les mosquées, dans le monde arabe, en  France, et ailleurs en Europe, enrôlant des jeunes perdus et sans cervelle qui ne demandent pas mieux que de « casser du juif », puisque ce sont les seules leçons qu’ils apprennent dans ces lieux dits « saints » ; c’est donc une question d’éducation et n’on pas une question d’une simple Charte du Hamas à amender.

                                                                                                        Nous les arabes , apprenons des jeunes Allemands , qui n’ont aucune responsabilité dans la Shoah,  qui reconnaissent les atrocités qu’ont fait leurs parents ou grand parents s’en excusent platement  en soutenant les Juifs et Israël sans oublier et  sans pardonner la Shoah. Il faut reconnaître les faits,  saluer leur courage  et amicalement recevoir ces gens là .

J’avouerai franchement si les arabo- musulmans en feraient autant je serai ravis et la paix ne serait plus qu’un vain mot , mais là il faudrait attendre au moins un siècle pour voire une majorité de musulmans s’exprimer comme les jeunes allemands.                                                                                                                    

                                                            

 

« Le temps est venu pour les Arabes de faire la paix avec Israël » Par Hashem Saleh :

Mardi 3 mars 2009

Le quotidien londonien Al-Sharq Al-Awsat a  publié le 20 février 2009 un article du philosophe syrien progressiste Hashem Saleh, résidant à Paris, intitulé « Vers la conciliation entre Arabes et Juifs ». Saleh écrit que le temps est venu pour les Arabes de faire la paix avec Israël et de s´intéresser au développement de leurs propres pays. Extraits

 

« Je veux que la Guerre de Gaza soit la dernière guerre«      

  

 « Ce titre surprenant sera cause de tumulte. Les gens diront : « Le sang [versé] à Gaza n´a même pas eu le temps de sécher qu´il appelle à la défaite et à la conciliation avec l´ennemi ! » Toutefois, après avoir réfléchi à la situation et longtemps tergiversé, je suis décidé à défendre mon opinion.

 

Je dois dire que je suis moi-même surpris de mes conclusions. Je ne m´attendais pas à arriver à une telle conclusion après m´être penché, pendant des années, sur tous les aspects du dilemme. J´ai passé des heures enfermé à lire ce qui a été écrit sur ce conflit infernal, avant d´en arriver à ma position [actuelle].

 

Vu la situation, je suis convaincu qu´il serait absurde et inutile de poursuivre ce conflit, en ce qu´il entrave notre restauration et notre liberté. Il est devenu un poids inutile. Il est une perte totale de temps, d´argent et de vies humaines.

 

Je veux que la Guerre de Gaza soit la dernière guerre. Démarrons une ère nouvelle dans la région, en utilisant toute l´énergie gaspillée et les occasions manquées à la construction et au développement plutôt qu´à la destruction et la désolation. Investissons dans la construction d´écoles, d´universités, d´hôpitaux et de terrains de jeux. »

 

 « Libérons d´abord la pensée arabe et la libération de la Palestine suivra naturellement. » 

« Afin que l´entreprise arabe se mette réellement en marche, nous devons cesser de la reporter indéfiniment sous prétexte de libérer Palestine. Libérons d´abord la pensée arabe et la libération de la Palestine suivra naturellement.

 

Je dois dire que la lecture du dernier ouvrage du penseur palestinien Sari Nusseibeh, dernièrement publié en anglais et en français sous le titre Il était un pays – une vie en Palestine (1), a joué pour moi le rôle de révélateur final, C´est le livre qui m´a poussé à adopter ma position actuelle, position qui va inévitablement m´attirer des ennuis et des querelles avec les démagogues arabes qui remplissent les émissions télévisées et les journaux de leurs cris et aboiements (…) »

 

« Nous suivons un chemin complètement différent en poursuivant le bras de fer avec les Juifs, brisant nos propres crânes avec les leurs sans atteindre le moindre objectif. [Les Juifs] ont une histoire à part, longue et gorgée de souffrances. Essayons une autre façon de gérer ce conflit, au lieu de persévérer dans cette même voie usée et pitoyable.

 

Assez de guerres et d´affrontements inutiles ! Nous avons subi assez de guerres et en sommes las (..)D´abord il nous faut  une  victoire sur nous-mêmes, par la réalisation de l´entreprise culturelle arabe et l´acquisition de connaissances et d´un [savoir-faire] technologique.

 

Regardez la Chine et ce qu´elle a accompli. Ne pensez-vous pas que les Chinois aimeraient se venger de l´Occident, qui humilie  la Chine depuis l´époque des guerres de l´opium anglo-chinoises du XIXème siècle ? Bien que les Britanniques aient autrefois humilié les Chinois chez eux, les Chinois d´aujourd´hui ne sacrifient pas leurs vies pour les provoquer ; ils attendent de mener à bien leur entreprise économique, technologique et culturelle pour s´opposer à l´Amérique et se venger du Japon. Ils n´agissent pas sans avoir préparé le terrain, car c´est une nécessité.

 

Telle est la manière logique de procéder. Mais c´est un raisonnement politique que les fondamentalistes et la mentalité mystique ne sont malheureusement pas en mesure de comprendre. Cette mentalité a causé notre destruction deux fois en deux ans : une fois face au Hezbollah et l´autre fois face au Hamas. »

 

« L´avenir appartient aux gens bien intentionnés et aux esprits éclairés des deux côtés – palestiniens et israéliens, arabes et juifs » 

« A quoi bon toutes ces guerres qui n´apportent aucun changement ? Malheureusement, elles provoquent de gros dégâts. Elles détruisent nos infrastructures, nous propulsent des dizaines d´années en arrière et plongent nos familles, femmes et enfants dans la douleur et la souffrance, nous ramenant à la case départ, si départ il y a…

 

L´avenir n´appartient ni au Hamas, ni à Zawahiri et Ben Laden, ni encore à l´extrême droite israélienne, qui a perdu la tête. Il appartient aux gens bien intentionnés et aux esprits éclairés des deux côtés – palestiniens et israéliens, arabes et juifs. Ces derniers sont nombreux, bien qu´ils soient combattus et gardent en conséquence le silence. »

 

Extraits : Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 20 février 2009 

(1) Sari Nusseibeh et Anthony David « Il était un pays – une vie en Palestine »  JC Lattès, 2008. 

 

Remarque du Collectif : 

Nous voudrions avoir plus souvent le plaisir de lire de semblables manifestations de soutien à la paix avec Israël qui réchauffent le cœur et redonnent espoir ! Souhaitons que la majorité silencieuse  trouve, aussi un jour le courage de s’exprimer ! Merci pour cette voix qui nous empêche de douter de l’humanité.